L’insupportable chimio est de retour

07 octobre 2016

Si vous êtes lecteur assidu de ce blog, vous avez surement eu l’impression en consultant mes messages d’avoir déjà lu ça une autre fois. Je suis désolé, mais j’ai également le sentiment de me répéter et parfois de ressasser mes vieux démons. Pourtant, à chaque nouvelle expérience de chimio, je découvre de nouvelles sensations.

Hier, était ma journée de retour en enfer. La toubib qui m’a accueilli en consultation avant l’injection du poison était particulièrement attentive et prévenante avec un réel intérêt sur mon ressenti et ma vie privée, très sympathique. Pour la première fois depuis 4 ans, surement à la vue de mon regard de cocker, elle m’a proposé une consultation avec la psy de service. Invitation que j’ai déclinée. Elle s’ait alors retourné vers ma moitié et lui a proposé également cette entrevue. 4 ans pour qu’un médecin voit que je n’étais pas seul. Je la remercie du fond du cœur.

Nous avons ensuite fait l’inventaire des nouvelles peu encourageantes de la scintigraphie. Même si après trois mois sans traitement il fallait prévoir une progression des métastases, je ne m’attendais pas à une invasion. Une agression des différents foyers d'ostéose (métastases osseuses) est très nette. Je suis atteint aux trois étages du rachis, aux cotes, au sternum, sur les omoplates, le bassin, la voute crânienne, la région peri-orbitaire, les fémurs...

Pour la suite de l’hospitalisation de jour, je n’ai rien de nouveau à préciser, c’est devenu une routine et le moment de l’injection pour ce produit ne provoque aucun désagrément. C’est l’après qui est plus difficile à gérer et pas plus tard que dans les quelques heures qui ont suivi.

Malgré la forte dose d’antalgique, des douleurs très vives se sont fait sentir sur la liste non exhaustive des métastases que j’ai citées plus haut. La bête s’est surement sentie agressée et la réaction a été particulièrement violente. Ce ne sont pas des douleurs qui vous font grimacer, elles vous font hurler ; de la torture.

Ensuite au bout des deux à quatre jours de douleurs qui vont s’atténuer crescendo, viendra pendant 5 jours, la période des piqures quotidienne de Zarzio, pour contrer la perte d’immunité provoqué par cette merde. Puis rapidement les examens pour se préparer aux autres injections.
Tout compte fait, il me restera environ trois semaines de libre pendant les trois mois à venir pour souffler un peu et essayer de penser à autre chose, peut-être un bref séjour pour se dépayser.

Un séjour pour profiter à deux d’autre chose. J’ai l’impression d’être un boulet. J’ai peur de montrer ma douleur, de crainte de faire mal, et particulièrement à la femme de ma vie qui ne lâche rien et est toujours présente. A deux on est plus forts et surtout, je suis plus fort grâce à elle.

Lorsque son conjoint tombe malade, c’est toute la vie du couple qui bascule. La maladie a ses rythmes, ses obligations qui sont imposé à l’autre. Quand on vit tous les jours le cancer de sa compagne ou de son compagnon, les sentiments se mêlent, la peur, la douleur psychologique qui peut devenir physique, les doutes et la peine, mais aussi et surtout la colère d’un état de fait que l’on subit.

En couple avec un cancer, dans ce ménage à trois, il faut garder en mémoire que toute la vie est bouleversée. Le malade est en souffrance psychologique qu’il peut vous faire subir et vous transmettre, mais il a également la sanction physique qu’il ne peut partager avec personne, sinon par des mots et des sauts d’humeurs. Du coté des sauts d’humeurs, je n’étais pas en reste au début de ce voyage et ma moitié m’a bien assagit avec sa douceur.

Je me suis souvent demandé si on changeait les rôles, est ce que j’aurai autant de courage ?

4 commentaires :

  1. Bien sûr que vous auriez autant de courage qu'elle ....Au vue du courage que vous avez pour combattre la maladie je sais que vous auriez aussi beaucoup de courage pour accompagner votre moitié dans la maladie ....Comme vous dites à 2 on est plus forts !!! je vous envoie ma force et mon courage ... à tous les 2 ....

    RépondreSupprimer
  2. Bonjour, je vous lis depuis longtemps. Il ressort de vos écris une personnalité hors du commun qui me touche d autant plus que mon père est malade lui aussi et vous vous ressemblez sur bien des points ! Souhaiteriez vous communiquer avec lui ? Je vous remercie pour votre attention et vous souhaite tout le meilleur pour vous et votre famille.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour,
      Votre père peut me contacter par le biais du formulaire qui se trouve dans la colonne de droite du blog. Ces messages ne sont pas publiés, ils restent privés et je réponds sans problème.

      Supprimer
  3. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer