Le temps de la surface et de l’espace

01 Janvier 2014

C’est maintenant que le temps m’est compté que me prend l’envie d’apprécier ce temps.
En dehors de mon enfance et de mon adolescence où j’ai pris tout le temps de ne pas prendre conscience de cette notion, j’ai passé toute ma vie à courir après je ne sais quoi. Adolescent je cultivais l’art de ne rien faire, adulte je suis devenu hyperactif, au point de me sentir en danger quand je n’avais rien à faire. Il y a deux ans à l’annonce de mon cancer, j’ai paniqué par rapport à mon boulot, ma petite entreprise, mon compte en banque et le confort de ma famille qui me paraissait en danger si je ne pouvais plus travailler.

Bref une louche d’orgueil pour un zest de réalisme. Je viens de passer deux ans la tête sous l’eau à essayer de combiner mes obligations de soins dû à mon cancer et ce que je m’obligeais pour le maintien de mon entreprise. Je viens de passer deux ans à refuser de voir que le temps m’était compté et qu’il y avait des priorités dans la vie, des priorités que je remettais toujours au lendemain.

Je vivais la tête sous l’eau, conscient de mon état, avec la certitude d’être dans le vrai puisque convaincu de mon indispensable présence pour faire tourner la roue.

Je ne sais pas ce qui a provoqué ce changement, mais le fait est que je suis remonté à la surface et que l’espace s’ouvre à mes yeux.

Les dernières semaines ont été particulièrement éprouvantes avec cette bataille administrative pour faire reconnaître mes droits par la BNP et La Cardif qui n’ont toujours pas répondus favorablement à mes demandes légitimes et contractuelles. Il me reste encore un long chemin à parcourir pour redresser cette situation, mais le moral est passé au beau fixe et j’ai simplement décidé de laisser faire…

Ils vont finir par lâcher, comme ils le font toujours par obligations légales et n’en sortiront pas plus glorieux pour ceux qui ont interceptés ces épisodes.
Ma petite entreprise va continuer de vivre sans moi et devenir la motivation de personnes plus jeunes et motivées.

Du moment où j’ai pris conscience de ce besoin de respirer à la surface, mes insomnies ont peu à peu disparu, ma moitié se plein de mes ronflements et je ne me lève plus avant 9 :00 bien sonnée.
Je fourmille d’idées pour mes occupations quotidiennes et n’ai plus peur de m’emmerder comme je le signalais il n’y a pas si longtemps.

Le voyage continu avec ce compagnon encombrant, mais je le fais à la surface avec de l’espace, et ça, c’est un peu la liberté, concept qui m’est très cher.

Bonne année à tous avec tous mes vœux de santé, de bonheur et de liberté.

2 commentaires :

  1. Bravo pour la liberté retrouvée. Et bonne année à toi aussi.

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  2. La liberté est une notion qui désigne la possibilité d'action ou de mouvement sans contrainte, c'est la confiance que tu m'as laissé, toi guitare sans tête, qui m'a permit, moi tête de turc de gagner cette étape.
    Très bonne année à toi, ta moitié et ta fille ainsi que tous tes proches....

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