Les bonnes résolutions

09 Janvier 2014

Il y a des traditions que l’on a plus ou moins envie de respecter, celle des bonnes résolutions pour la nouvelle année en font partie. Je vais donc vous exposer mon point de vue sur mes bonnes résolutions.

L’année 2014 est pour moi le départ pour une troisième année de voyage avec ce cancer de la prostate. L’année précédente a été particulièrement lourde à gérer, en dehors du poids des traitements, à cause de tous les problèmes matériels qui ont été créés par les banques et les assurances, que j’ai portés comme un deuxième cancer, une initiation à la déshumanisation de la société qui passe par l’intérêt avant toutes choses.

Mes résolutions :

Je vous jure d’être toujours aussi pugnace et impertinent dans ma lutte contre ce système qui profite de la faiblesse des personnes pour gagner du temps et préserver du capital qui ne lui appartient pas.
Je ne reviens pas sur mon envie de laisser faire le temps, que j’exposai dans mon précédent message, cela a porté ses fruits plus rapidement que je ne l’imaginai puisque la BNP et la Cardif ont fini par lâcher prise et me remboursent tous les trop perçus, je vais simplement essayer de doser les efforts sur ceux qui le mérite.

Je m’engage à bien écouter mes toubibs et surtout à bien veiller à ce qu’ils ne soient pas sourds à mes demandes, j’ai encore l’impression de parler dans le même dialecte qu’eux et donc de me faire comprendre. La liberté au sens large, offre le choix du ton et mes droits de patient qui cherche à être correctement informé de son état n’ont pas varié.
La fréquentation régulière des hôpitaux permet d’affuter son regard sur la déshumanisation de la société et la fragilité des liens sociaux.
Vous avez rendez-vous au bâtiment B, à l'entrée vous glissez votre carte d'assuré social dans une borne qui vous donne le ticket n° 385, vous êtes appelé par un bip et votre numéro s'affiche sur un écran. Vous devez vous rendre au bureau C5 pour confirmer votre rendez-vous. Une hotesse d'accueil me dit bonjour, trop heureux d'avoir un contact humain je réponds aimablement, cette dernière met fin à ma tentative de communication: "vous avez votre carnet, j'ai besoin de votre numéro d'enregistrement pour vérification". Merde ! Je suis de nouveau un numéro. Elle nous envoie dans la salle d’attente n°2, où tout le monde se regarde, et personne ne se parle, on jauge l’état de l’autre. L'endroit est plutôt austère, un grand couloir vitré, où l'on peut voir le bâtiment A. Il y a des magasines à disposition sur une crédence pour exposer toute la richesse et l'inventivité des fabriquants de péruques. Un autre bip avec l’affichage du même n° vous permettra de voir votre toubib pendant 10 minutes. Vous êtes sur une autre planète…

Ma situation est loin d’être la pire et même si j’ai mes périodes de fatigues intenses et de douleurs, je garde une autonomie relative. Je finissais mon dernier billet par ces mots : « Le voyage continu avec ce compagnon encombrant, mais je le fais à la surface avec de l’espace, et ça, c’est un peu la liberté, concept qui m’est très cher ». Ça n’empêche pas de continuer à lutter pour éviter de casser ces liens sociaux dans les relations de tous les jours et particulièrement dans mes rencontres autour de cette maladie.

Je vais arrêter de me regarder de trop près dans la glace, mon aspect physique, transformé par la maladie et les médocs, entre Pomme d’api et Quasimodo ne me convient pas mais il ne changera plus, si ce n’est en pire, malgré mes lamentations.

Je vous garantit de continuer à rédiger toutes les informations sur mon parcours dans ce milieu hospitalier et sur l’évolution de mon état de santé, non pas pour m’apitoyer sur mon sort, mais pour vous donner l’information la plus claire sur mes réactions aux différents traitements en espérant que ces notes vous aident en tant que malade ou qu’accompagnant(e).

Enfin je vais essayer de centrer un peu plus mon attention sur mes proches que j’ai embarqué dans ce voyage comme des passagers clandestins qui gardent le silence et m’écoutent sans trop me contrarier. J’use peut être un peu trop de cette position « malade »…

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