Oublier son Cancer

14 juin 2014

Depuis quelques mois, le traitement Enzalutamide, au début expérimental, maintenant « commercial », s’est avéré efficace et me permet de vivre avec un confort  presque normal.
J’ai pu diminuer voir supprimer certain médicaments qui m’amenaient plus de désagréments que de bienfaits, et pourtant…
Toutes les nuits sans sommeil, tous les matins et toutes les fins de journées me rappelle que la maladie est bien là. Je voudrais tant l’oublier, mais les douleurs même faibles et insidieuses sont bien présentes.
Je suis perpétuellement dans l’état d’un marathonien qui vient de se faire piétiner par le peloton et qui ne pourra jamais rattraper le groupe.
Je devrais profiter de ce confort de passage, je devrais me résigner et oublier ce que je ne peux plus faire, mais je n’y parvient pas.

Je n’ai plus la mobilité qui convient à mes envies de bouger. Coincé entre le potager, l’atelier maquette, l’ordi et sa page qui reste de plus en plus souvent blanche par manque d’inspiration, mes envies de voyages restent un rêve que je vais avoir de plus en plus de mal à réaliser.

Ma démarche avec ce blog m’a donné des ailes sur les deux premières années. J’ai eu des contacts privés d’une grande richesse et des soutiens d’une force insoupçonnable, maintenant que je tourne en rond, que mes correspondants disparaissent petit à petit, en avance sur mon propre compte à rebours, je ne trouve plus la motivation à faire courir mes doigts sur le clavier de l’ordi.

Je suis en train de régler des détails administratifs et de vendre mon entreprise. Même s’il faut se rendre à l’évidence, je ne pouvais plus gérer cette boîte au risque de tout perdre, finalement je vais me séparer de ce que j’ai créé et ce n’est pas simple à gérer, la fin d’une histoire qui me plaisait bien.

Là aussi je devrais me résigner, remercier la providence qui va me permettre de laisser ma petite entreprise reprendre son souffle avec une équipe jeune et dynamique. Me résigner, me résigner…
Et ensuite quand la maquette de la belle Bretonne sera sur une étagère, que le potager prendra ses quartiers d’hiver, qu’est ce qu’il me restera, la télé ?

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