Vivre avec son cancer sans cortisone

12 mars 2014

C’est bien entendu en toute confiance que tout à chacun va écouter son toubib et prendre souvent sans trop comprendre la dose de médocs qui sera prescrite, et un matin en se regardant dans la glace, il y aura une transformation trop évidente, un changement inacceptable, un inconfort trop présent. Comme chaque malade, j’ai ma part de docilité par rapport aux prescriptions médicales et depuis deux ans j’ingurgite tout ce qui me permet de gagner du temps sur la bête. Il y a les médocs totalement incontournables qui sont au cœur du traitement contre le développement du cancer, pour mon cas c’est l’Enzalutamide (Xtendi) et il y a les médocs de « confort ». Je viens de faire un choix qui ne durera peut être pas mais qui à court terme m’offre beaucoup plus de respect pour moi-même. De ma propre initiative, j’ai arrêté de prendre de la cortisone qui m’apportait plus d’effets secondaires que de bien être.

Les résultats ne se sont pas fait attendre. Au troisième jour, je commençais sérieusement à dégonfler, soudainement, je pouvais de nouveau me plier en deux pour faire mes lacets. L’ensemble du corps s’est mis à dégonfler et ma mobilité en a tiré les bénéfices très rapidement. Je découvre quelques points de douleurs, mais des douleurs tout à fait supportables.

Ça va également me permettre d’évaluer la progression des douleurs, plutôt que de vivre la maladie en aveugle et de tomber de ma chaise le jour où l’évolution aura trop pris le pas sur mes possibilités de défense. Je ne suis pas masochiste pour deux ronds, mais si je ne peux pas percevoir ces points sensibles, je ne pourrais pas mettre en alerte à temps mes toubibs qui comme je l’ai expliqué dans un précédent message ne consacrent qu’un temps limité par patient.

Le confort passe par là, c’est un choix que je fais en toute conscience, faire une grimace en tendant le bras pour attraper le pot de confiture sur l’étagère ou faire la gueule en se regardant dans la glace ou en tentant de faire mes lacets avec des contorsions dignes d’un hippopotame qui enfile ses baskets. Ce n’est pas que le souci de l’aspect physique, c’est vraiment un choix de vie entre continuer à bouger normalement, à vivre, ou attendre docilement sans la moindre douleur la fin du voyage.

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