Parcours d’une journée à traquer mon cancer

12 décembre 2014

Hier, journée marathon au centre anti cancer de Montpellier (ICM) pour un checkup complet afin de déterminer la meilleure méthode pour dompter ce cancer qui a tendance à s’échapper un peu en ce moment.
Depuis deux mois, le PSA grimpe régulièrement et les douleurs progressent quotidiennement. En préparatif à cette journée, un certain nombre d’examens sanguins ont été réalisés. 9 :00, l’heure du premier rendez-vous pour un scanner. Mes bras ressemblent déjà à ceux d’un toxicomane et l’infirmière est un peu dubitative quant au choix du point à piquer pour poser le cathéter. Elle choisie le bras droit, l’aiguille s’enfonce vers la veine, sans douleur, mais le cathéter ne veut pas rentrer. La jeune infirmière fait ce qu’elle peut visiblement très gênée avec la peur au ventre de me faire mal. Finalement, elle abandonne et demande à une autre avec surement plus d’expérience de s’occuper de moi.
Le cathéter sera posé sur la main gauche et le bras droit garde une belle irisation bleue.

La suite est plutôt classique un scanner est simplement du temps passé allongé pour le patient. 10 :00, injection de produit radioactif pour la scintigraphie qui aura lieu 3 heures plus tard. Nous allons tuer le temps en visitant la galerie commerçante la plus proche, noël n’est que dans quelques jours et notre hotte est encore vide. La scintigraphie est plus longues et précise dans ses analyses qu’à l’accoutumé.
La description de mes douleurs a mis en alerte les médecins.

L’après-midi se passe et nous allons finir ce marathon avec la visite chez l’oncologue. Ce n’est jamais très plaisant d’attendre un diagnostic quand le doute et la peur sont bien ancrées.
A l’ICM de Montpellier la salle d’attente est un long couloir qui donne sur une dizaine de box où les toubibs officient. Le couloir déborde de patients et de leurs accompagnants, l’ambiance est à la discussion. Nous comprenons très vite que le retard des médecins est important et décidons avec ma moitié de nous installer entre deux groupes sur un banc qui a l’air plus calme que la moyenne. Nous avons prévu de la lecture et prenons chacun notre bouquin.
Je ne sais pas pour vous, mais la lecture, pour moi a toujours nécessité un minimum de sérénité. Là pour le calme il faudra repasser.
Nous sommes à l’heure où tout le monde pète un boulon. A ma droite un groupe de femmes avec en particulier, une de ces mégères qui connaît tout, a son avis sur tout et essaye de convaincre ses voisines que le cancer est causé par le stress et que tout peut rentrer dans l’ordre avec des massages et une bonne alimentation. A ma gauche un jeune homme sorti d’affaire, qui vient pour un contrôle de routine et qui cherche à transmettre son enthousiasme à un autre patient suivi depuis 5 ans.
« Vous savez, j’ai connu une femme qui s’en est bien sorti, une rémission complète, 20 ans après, elle n’avait toujours rien, incroyable, un vrai miracle…
Et puis un jour, c’est revenu sans prévenir. En moins de temps qu’il faut pour le dire, et pouf, elle nous a quitté. »

Entre Pépette à droite et Charles-Henry à gauche, je suis sur le point de craquer. Nous sommes finalement appelés dans un box. L’onco arrive et nous donne rapidement les résultats des analyses. Pas d’inquiétude particulière à avoir à court terme, quelques métastases ont progressé, mais de façon très infime, en dessous de 30% de progression, les toubibs ne changent pas de protocole. Je vais donc rester encore pendant 2 mois sous enzalutamide (Xtandi), même si mon PSA continu à grimper.
Seul un ganglion a eu une modification que le toubib ne qualifie pas de grave et qu’il nous situe pour nous rassurer de 25% de progression. Il est gentil ce toubib, mais nous n’avons pas eu les mêmes profs d’arithmétique. Passer de 10mn à 17, ça n’a jamais fait 25% de plus il me semble.

La journée est finie, nous sommes globalement rassurés pour le moment.

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