Ostéo-nécrose mandibulaire.

31 janvier 2017

Hier, pour changer un peu des visites chez l’oncologue ou en hospitalisation de jour pour les injections de chimio, j’étais invité pour une consultation au service d’odontologie de la faculté de soins dentaires de Montpellier afin d’effectuer un bilan sur les risques encourus par la poussée d’os dans ma mâchoire inférieure. Une ostéo-nécrose mandibulaire.

Ce phénomène est apparu il y a quelques années sur la liste des effets secondaires des biphosphonates, Zometa ou Xgeva, médicaments utilisés pour le traitement des métastases osseuses. Ce désagrément a été constaté dans environ 10% des cas de patients sous traitement et bien entendu, je ne l’ai pas raté. Pour rappel, je suis sous Xgeva depuis juillet 2013 à raison d’une injection par mois.

L’ostéo-nécrose peut être déclenchée suite à une extraction dentaire d’un patient sous traitement d’un de ces médicaments. C’est la raison pour laquelle un bilan dentaire est toujours indiqué avant de débuter ce médoc. Pour ce qui est de l’apparition sans intervention de chirurgie dentaire, il n’y a pas d’explications. Par contre on sait comment les choses peuvent évoluer avec environ 10 ans de recul et d’analyses.

Comme un fruit arrivé à maturité, l’excroissance osseuse va tomber au bout d’un "certain temps", et c’est là que les choses peuvent se compliquer s’il n’y a pas eu d’infection au préalable, ce qui est mon cas. J’ai la chance de ne pas avoir d’infection ou de douleurs, je ressens simplement une gêne importante. L’hygiène dentaire sans excès (ne tuez pas vos bactéries buccales avec trop de bains de bouche) est surement la solution préconisée pour éviter une infection.

Donc, au bout d’un "certain temps", les os indésirables se détachent. C’est d’après la description du Professeur qui m’a donné les explications le moment le plus délicat. Risques de douleurs, d’infections, de saignements…

Il ne faut pas hésiter à contacter un stomato rapidement pour une intervention qui consistera à retirer les os détachés pour ensuite traité rapidement la gencive qui se retrouvera à vif et ainsi éviter les complications.

Pour ce qui est du Xgeva, l’oncologue en constatant les effets a stoppé les injections. Les douleurs et la propagation des effets collatéraux n’ont pas attendu bien longtemps pour se faire ressentir. Malgré une bonne dose régulière d’antalgique je suis perclus de douleurs. Les effets secondaires des biphosphonates étant constatés, le professeur du service d’odontologie est d’avis de reprendre le traitement.

Dans mon précédent message, je pestai une fois n’est pas coutume contre le silence et les non-dits du corps médical. A la faculté de soins dentaires de Montpellier où j’ai été reçu par ce Professeur, je viens de vivre l’inverse. Jamais je n’ai rencontré un homme de médecine autant à l’écoute, prévenant et très limpide dans ses explications sur l’état des connaissances, ce qu’il sait, ce qu’il ne sait pas et sur le soutien qu’il peut m’apporter. Un homme qui répondait à toutes nos questions, celles de ma moitié et les miennes. Un homme capable de comprendre qu’il y a une vie à côté du cancer et qui s’y intéresse, un homme qui sans que je me plaigne, savait que ma dose de douleurs ne me prédisposait pas à partir par l’escalier pour trois étages vers la sortie et qui nous a accompagné jusque dans l’ascenseur des médecins en tapant son code privé pour nous permettre de l’utiliser.

Merci Monsieur pour ce moment d’échange et de confiance entre humains.

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