Georges nous a quitté

27 février 2017

Georges s’est éteint jeudi dernier comme une bougie à bout de souffle vidée de son énergie. Il n’est pas mort des suites d’une longue maladie, il est mort du cancer, ce mot qui répand la terreur.

Je suis malade, du même mal dont souffrait Georges et je peux vous traduire tout le quotidien des malades devenus esclaves de leur tumeur. Il n’y a pas de bénéfices intellectuels ou moraux dans la vie d’un patient. La souffrance ne rend pas plus fort elle vous rend de plus en plus faible.

Patient est bien le terme qui nous convient. Il faut patienter, attendre, toujours attendre. De résultats d’examens en consultations, le patient passe le temps qu’il lui reste à attendre une bonne nouvelle qui ne viendra jamais dans bien des cas. D’effets secondaires en nuits blanches, de douleurs en déni de son corps le cancer accompagne tous les instants d’un malade.

Vu de l’extérieur, nous combattons avec courage. Un correspondant Canadien également malade m’a communiqué un texte de Patrick Lagacé, journaliste. Je cite :
"Un combat présuppose un adversaire modérément identifiable et prévisible, ce qui n’est pas le cas du cancer.
Et pensez-y : c’est mettre une pression épouvantable sur les malades que de perpétuer, par notre choix des mots, le mythe du combat-contre-le-cancer. Dire à quelqu’un qu’il a gagné son combat contre le cancer me semble d’une violence  terrible : les gagnants ont généralement "bien" combattu, cela veut-il dire à contrario que ceux qui perdent ont "mal" combattu?
Bien sûr que non.
Si vous avez des proches qui sont morts du cancer, vous le savez aussi bien que moi : ils voulaient vivre, ils étaient dévorés autant par le cancer que par ce désir aussi vif et incandescent de vivre, désir qui animait pareillement ceux qui ont pu échapper aux pinces du crabe…"

 
Le combat s’il y en a un, c’est à vous de le mener. La fréquence des cancers pourrait augmenter de 50% dans le monde, avec 15 millions de nouveaux cas par an en 2020. Ce sont les données de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé).

C’est à vous de communiquer pour favoriser la prévention et revendiquer des moyens pour la recherche. Le vrai combat de l’humanité doit prendre fait et cause pour la défense de l’environnement et pour la lutte contre les cancers qui de plus en plus sont des conséquences des pesticides, des perturbateurs endocriniens et de la pollution.

Pour Georges, ce long chemin qu’est la vie d’un malade du cancer en était à sa neuvième année, 9 ans de souffrances progressives. Je suis sûr de moi en vous disant qu’il aurait voulu vous communiquer ce message d’espoir pour initier la prévention et la recherche.

Prenez soin de vous.

2 commentaires :

  1. Bonsoir, mes pensées me ramènent souvent vers vous et je suis contente de vous lire ce soir après ces 10 jours qui je le sais ont été très difficiles pour vous suite à cette énième chimio !!...Mon mari, 52 ans, sera opéré demain avec assistance au robot d'une prostatectomie radicale + curage ganglionnaire élargi(il est au stade 3 sans métastases osseuses mais ganglions douteux)...environ 5h d'opération +ou- radiothérapie +ou- hormonothérapie par la suite selon les résultats...Bien à vous, je vous souhaite une douce nuit !
    Nathalie

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    1. Je suis de tout cœur avec vous et souhaite à votre mari un bon rétablissement. Ce blog offre la possibilité de me passer des messages perso par le biais d'un formulaire. Merci de respecter cette règle et de n'utiliser les commentaires que pour "commenter" un message publié sur le blog.

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