Les enfants développent des cancers à cause des pesticides !

14 janvier 2016

Référence de l'article paru sur :

http://infomedocpesticides.fr/2016/01/08/les-enfants-developpent-des-cancers-a-cause-des-pesticides%E2%80%89/

Dans ce village de 2 000 âmes, au cœur des vignes du Sauternais, plusieurs écoliers ont été frappés par des cancers. Jean-Pierre Manceau, l’ancien maire de Preignac (Gironde) met en cause l’utilisation régulière de pesticides sur les ceps au printemps.

« C’est moi le vilain petit canard de la commune ! Avant d’être maire, j’avais entendu parler de cas d’enfants développant des cancers chez nous. Et puis, une fois élu en 2008, j’ai discuté avec une institutrice qui m’a exposé ses inquiétudes : elle disait qu’à l’école maternelle et à la primaire, il y avait effectivement eu
plusieurs cas de cancer. Quand j’ai appris cela, je me suis inquiété car les enfants, c’est sacré ! Comme mon rôle d’édile est d’alerter les organismes de sécurité sanitaire, j’ai décidé, en décembre 2012, de contacter l’Agence régionale de santé (ARS) pour qu’elle prenne la mesure de la situation.

Il n’y a en fait qu’un petit mur qui sépare les deux écoles des vignes de sauternes. Or, ces dernières sont depuis toujours sulfatées et traitées aux pesticides. Ces pulvérisations interviennent le plus souvent pendant les trois mois de printemps…

Les responsables de l’ARS sont venus deux fois à la mairie et ont fait leur enquête qui a été rendue publique le 5 août dernier : sur Preignac, entre 1990 et 2012, quatre cas de cancers d’enfants ont été détectés (dont deux leucémies et une tumeur cérébrale). Inquiétant, non ? C’est cinq fois plus que la normale. Ces cas sont-ils directement liés à l’usage de pesticides par les viticulteurs ? C’est probable, mais rien n’est prouvé pour l’heure.

Je tiens à souligner que, pendant mon mandat de maire, j’ai à plusieurs reprises demandé à deux viticulteurs de cesser de traiter cette parcelle de vigne de 1,5 hectare qui jouxte la cour de l’école. Au moins pendant les récréations. Ce qui a été partiellement fait. Mais certainement pas de façon systématique.

« Un adjoint a aussi noté qu’il y avait une augmentation du nombre de viticulteurs en chimiothérapie à l’hôpital. »

On sait bien que la période de pulvérisation peut être nocive. La preuve ? L’existence d’un arrêté préfectoral qui interdit de pénétrer dans les vignes quarante-huit heures après chaque traitement. Cela signifie qu’on ne doit pas respirer l’air des vignobles pendant les deux jours qui suivent l’épandage.

Je suis désormais dans l’opposition au conseil municipal, mais, le 8 septembre dernier, j’ai voulu alerter ses seize autres membres sur les conclusions de l’ARS et de l’Institut national de veille sanitaire qui estiment qu’il y a une “présomption forte” de lien entre les leucémies chez l’enfant et les produits utilisés par les viticulteurs. En tout cas, selon les termes du rapport, “la contribution des pesticides au risque cancer ne peut être exclue”. De même pour les tumeurs cérébrales ou les malformations congénitales.

Deux ou trois membres du conseil municipal ont réagi : une élue, dont le mari travaille dans le vin, a expliqué que son conjoint faisait des stages sur la façon dont on doit pulvériser les pesticides sur les ceps. Un adjoint a aussi noté qu’il y avait une augmentation du nombre de viticulteurs en chimiothérapie à l’hôpital. Un autre élu a alors proposé de racheter le terrain incriminé pour le transformer en aire de jeux ou en extension du cimetière. Une bonne idée… Mais ce problème, loin de ne concerner que les enfants, touche aussi les adultes : 20 % des membres du conseil municipal ont développé un cancer de la prostate. Par ailleurs, je souhaite qu’une nouvelle étude soit réalisée pour mesurer l’impact des pesticides, sur les adultes cette fois.

Mon sentiment est que tout le monde a intérêt à étouffer cette affaire, sauf les malades bien entendu. Car des emplois pourraient être menacés à terme dans notre petite commune de 2 000 habitants, dont la plupart travaillent dans la vigne… »

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