Moins de 5 minutes dans le bureau de l'oncologue

24 janvier 2016

Vous l'aurez compris, je n'ai apprécié que très modérément ma dernière entrevue avec mon oncologue.

Comme chaque malade du cancer, j'ai droit régulièrement à un entretien avec l'oncologue pour faire le point sur les traitements et définir la suite du programme.
Habituellement ça représente 3/4 heure de transport aller, une bonne moitié de journée dans les examens d'imageries médicales pour en fin d'après-midi avant de reprendre la route pour 3/4 d'heure, avoir une rencontres d'environ 5 minutes avec le toubib.
La dernière visite était un exemple type de cette déshumanisation de la médecine. Une étudiante accompagnait le toubib et ce dernier en profitait surement pour lui montrer un maximum de cas dans un minimum de temps.

Cette fois-ci pas d'examens particuliers avant, donc très peu ou pas d'informations. Mes analyses de sang ne lui étaient même pas passées sous les yeux. L'examen qu'il pratique à chaque fois est simple, auscultation, palpation vers le foie pour vérifier qu'il est encore en bon état, recherche rapide de ganglions sous les bras et autour cou.
Bon, il va falloir faire une scinti et un scanner, jusque-là ça ne dérange que moi qui serait obligé de me déplacer deux fois de plus alors que tout aurait pu être fait en même temps. Diagnostic: je vais surement vous remettre sous chimio Jevtana, et hop, on passe au suivant tout va bien.

Cette putain de chimio on l'a stoppé il y a trois mois parce que ça ne faisait plus d'effets en dehors des effets secondaires et maintenant il faudrait en toute logique qu'avec ses 5 minutes d'analyses j'acquiesce pour remettre ça et pourquoi pas avec le sourire.

Je suis désolé, Toubib, mais je n'accepte pas, je ne veux pas de cette chimio qui va me ruiner mon quotidien, m’affaiblir sur le plan immunitaire, me diminuer physiquement et intellectuellement.
Pourquoi je n'ai pas plus d'informations sur l'évolution de la maladie, pourquoi personne ne s'inquiète de mon quotidien de celui de mon épouse. Où sont les conseils d'hygiène de vie qui pourraient peut-être améliorer l'ordinaire. C'est quoi cette médecine à deux balles où le malade ne compte pas ???

2 commentaires :

  1. Je suis ton blogue depuis le début, comme je sais que tu suis le mien. La progression de nos squatteurs indésirables aura suivi des chemins totalement différents que je n'arrive pas à m'expliquer. Mais tes derniers billets me jettent sur le cul. Le système médical Français est différent à ce point de celui Québécois??? Je n'en reviens juste pas que les toubibs chez vous ne «s'occupent» que de la maladie et non du patient. Est-ce vraiment le système qui est comme ça ou seulement ton spécialiste... Peu importe pour l'instant, je crois sincèrement qu'il est urgent que tu change de toubib. Je sais que logistiquement, c'est probablement un casse-tête, mais bordel que ce médecin mérite une claque derrière la tête et un coup de pied au cul. Essais de trouver des protocoles de recherches... il y en a pour tous les niveaux de cancer avancés ou pas. Je pense que dans ton cas, tu devrais essayer presque n'importe quoi sauf une autre chimio.

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  2. Oui, je crois malheureusement que le système médical français est bien différent du modèle québécois. Mais ce constat vaut presque pour l'ensemble de notre système par rapport au tien. Un jour, le Québec a pris un virage social que la France n'a pas su négocier et qui l'envoie droit dans le mur. Les victimes de cette sortie de route : les petites gens qui luttent pour leur emploi voire leur santé, qui ne peuvent se payer de meilleurs services, s'entourer de bons professionnels, qui n'ont pas de passe-droits, qui ne profitent de rien et sur le dos desquels la société appuie sa lourde carcasse criblée de dettes, qu'elle comble à coups d'impôts et de taxes. Bienvenue en France et que le lourd manteau de l'hiver protège encore longtemps le Québec !

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