Assumer son refus de chimio.

9 mars 2016

Après trois mois de répit, début février, je rencontrai mon oncologue pour relancer un traitement suite à un échec de chimio au bout de 10 cures. Comme je l’ai précisé dans un des derniers messages, sa proposition consistait à reprendre des cures de la même chimio en précisant que "des fois ça marche"…

J’ai déjà entendu plus convainquant comme argument pour m’inciter à répondre favorablement.

J’ai refusé cette nouvelle série de chimio en me basant sur ma propre expérience avec ce produit destructeur. Entre l’abandon de cette proposition et la prise en charge par une autre équipe et un autre traitement il y a obligatoirement un temps d’attente. Cet entr’acte s’avère particulièrement pénible et j’en perçois très nettement les difficultés pour assumer mon choix.

Lors de la prise en charge régulière d’un malade du cancer, tout s’enchaine sans trop de problèmes et le patient est souvent contraint malgré lui d’accepter de suivre des thérapies qui ne sont pas de son choix et qui n’améliore pas son confort quotidien. Le fait d’avoir osé refuser la proposition de mon oncologue, remet les compteurs à zéro et me classe comme un numéro dans une longue liste d’attente.

Le nombre de cancers est en augmentation constante mais les journées ne font que 24 heures et les équipes médicales font le maximum avec les moyens et ressources humaines mis à leurs dispositions.

Pendant ce temps la maladie progresse. Après avoir échappé à la chimio, la tumeur et ses métastases se sentent encore plus fortes et gagnent du terrain. C’est exactement comme sur un champ de bataille.

De nouvelles douleurs apparaissent et l’angoisse d’une erreur de jugement qui pourrait provoquer des dégâts irréversibles me hante. Je suis le seul responsable de cette décision et je sens déjà des prémices de reproches consécutifs à cette peur qui sont largement partagées par mes proches.

Quand le doute s’installe dans les troupes, le désordre prend le dessus et même la réflexion perd le nord. Il n’y a plus de stratégie, plus de renfort à proximité. Seul sur le sommet de ma colline je dois résister, ne pas faiblir et guetter des alliés potentiels pour reprendre le combat.

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