Apprendre à vouloir vivre avec un cancer

21 mars 2016

Les récents événements consécutifs à mon refus de chimio m’ont bousculé au point de perdre un peu cette notion de combativité que beaucoup de mes lecteurs ressentent en consultant ce blog.

L’hyper-sensibilité qui se développe chez chaque personne atteinte d’un cancer avec traitement hormonal n’y est pas pour rien.

Je suis arrivé au bout de la pharmacie et c’est un passage un peu délicat. J’ai eu le sentiment que tout se passait comme si j’étais exproprié de mon propre corps. La colère contre la maladie, qui se répercute contre les soignants, la confusion entre la réalité de la maladie et le fantasme d’une guérison.

Mon locataire, serait-il devenu propriétaire de mon corps et complice des laboratoires.
J’ai toujours eu l’impression que les toubibs se concentraient sur la maladie tout en gardant l’espoir qu’ils ne perdaient pas de vue mon confort et mes douleurs. Il y avait toujours un nouveau produit pour me maintenir à flot. Mes nombreuses recherches me tenaient informé de l’avancée de ces molécules avant même que les médecins ne me les proposent, et tout naturellement quand j’obtenais ce traitement je me disais que j’y avais un peu contribué.

Jusqu’à maintenant j’étais passé d’un traitement à l’autre en étant certain de participer aux analyses, aux consultations. Pour la première fois on me proposait de continuer le voyage en montant dans une barque qui prenait l’eau et qui me donnait l’impression d’un déjà vécu.

Mon passage à l’IGR et l’entretien avec l’oncologue m’a incité à voir les choses bien différemment. Un dialogue humain peut tout changer. L’ensemble des médications que j’ai eu depuis 4 ans ne font que m’aider à gagner du temps et du temps, compte tenu de mon état, j’en ai encore. C’est ce que je retire en bonus de mon passage sur Villejuif.

Malgré les difficultés, malgré le stade très avancé de mon cancer, je suis en "bonne santé". Je vais me concentrer sur moi-même, comme un sportif qui sait qu’au jugé des bookmakers il restera un outsider, mais qui est convaincu de ne pas jouer perdant.

Du temps, je peux encore en gagner, je peux encore en laisser à la recherche pour me permettre d’avancer encore plus loin.

Des coups, je peux en prendre, ils me feront surement de belles cicatrices mais ne me ferons pas plier.

1 commentaire :

  1. Gagner du temps jusqu'à cet espoir de rémission, ou d'avancée de la recherche, qui va nous aider à continuer notre route, c'est notre combat quotidien. Tes écrits nous montrent que tu luttes encore, la vie existe donc l'espoir aussi. Prends soin de toi, continu à alimenter ce blog. Tu es soutenu dans ce combat, cette quête. Tu es debout,malgré tes doutes, la route serpente devant toi, suit là.

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