Je suis coupable.

23 août 2014

Oui, je dois l’avouer, je demande votre clémence ou peut être au minimum votre compréhension, je suis coupable. Je n’ai pas osé vous le dire jusqu’à maintenant, je ne voulais pas en parler mais il faut bien se rendre à l’évidence, je suis coupable.

Coupable de ne pas avoir fait des tests de dépistage plus tôt, dans un pays où la prévention du cancer de la prostate est inexistante. J’aurai du me rendre compte que ce manque d’information devait créer un reflex de méfiance et que si les autorités ne parlent pas du sujet, c’est qu’il y a un risque.

Coupable d’avoir résisté aux traitements médicaux que l’on m’a prescrit. Coupable de faire mentir des laboratoires qui dépensent tant d’énergie en gagnant si peu en retour sur investissement.
Coupable de contribuer au déficit de la sécurité sociale qui à chaque échec de traitement est obligé de rembourser des médicaments « expérimentaux » aux laboratoires pour me permettre une tentative de nouvelle thérapie. Je suis coupable d’agression vis-à-vis de mes toubibs qui s’occupent de ma maladie et qui n’ont pas le temps de s’occuper du malade et de ses proches. 

Coupable d’avoir perturbé mon banquier en le mettant au courant de mon état de santé et des risques financiers que cela allait entrainer dès le début. Coupable de lui donner du travail supplémentaire pour surveiller mon compte sur lequel il a été obligé de retirer tous les droits et avantages que j’avais du temps où tout allait bien. Coupable de l’obliger à me téléphoner 4 fois dans la même journée pour me faire comprendre que je dépasse mon autorisation de découvert de 1,36 €. Coupable de l’obliger à m’envoyer des courriers surtaxés contre sa volonté, pour simplement me faire comprendre que je suis coupable.

Coupable d’avoir sollicité l’assurance pour laquelle je cotisai depuis des années, en leur demandant de prendre le relai pour les mensualités de mes prêts. Coupable de les avoir occupé pendant près de six mois pour délibérer sur le fait qu’il fallait me rembourser ce qu’il me devait.

Coupable d’avoir créé un imbroglio administratif auprès du RSI en leur expliquant que j’étais en arrêt très longue maladie (soins palliatifs). Cette provocation les a obligé à refaire leurs calculs une bonne dizaine de fois, du moins c’est le nombre de courriers que j’ai reçu pour finalement leur permettre de se méfier de moi et donc de garder le trop perçu de cotisation au cas où l’année prochaine après être guéri et avoir repris mon travail, je fraude en ne payant pas mes cotisations.
Coupable d’avoir le culot de les relancer régulièrement pour leur réclamer mon dû et de ne pas respecter leur temps de congé, période pendant laquelle ils ne peuvent pas m’indemniser puisqu’ils sont en vacances.

Je suis coupable d’avoir un cancer !

1 commentaire :

  1. Et coupable de bien écrire et de renvoyer une bien triste image de notre administration providence, omnipotente, omniprésente... que le grand législateur les protèges ;)

    Courage mon amis !

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