J’ai beaucoup de mal

19 mars 2015

Depuis la reprise des cures de chimio, les vieux démons se réveillent et j’ai beaucoup de mal. Ce n’est pas simplement le mal, la douleur, mais bien évidemment le mal de se situer par rapport à ma condition de malade du cancer dans le doute et l’incertitude.

Les différents traitements que j’ai pu ingurgiter jusqu’à maintenant m’ont toujours amené leurs lots d’effets secondaires, mais avant tout ont contribué à un confort quotidien qui m’a bien accompagné pendant près de deux ans. Un confort qui m’aurait presque fait croire que j’étais guéri.

La chimio ne peut être interprété de la même façon. Pour moi c’est le traitement ultime quand la pharmacie est vide et que le cancer progresse au-delà du contrôle que pouvaient avoir mes toubibs dessus. J’ai déjà vécu une période de chimio il y a deux ans et mon impression avait été identique. Je me sens diminué de jour en jour, ne peux plus prendre en charge des tas d’occupations qui deviennent très vite éreintantes. Il ne reste que le petit travail manuel pour essayer de libérer l’esprit et un peu de lecture quand j’arrive à me concentrer plus d’une demi-heure.
La chimio réveille les idées noires et confronte le malade dans cette incertitude sur l’avenir. Avec ce voyage je suis aujourd’hui à la dérive sur une toute petite embarcation et je vois de moins en moins de rocher où m’accrocher.

Cet inconfort me bloque dans une tourmente et je n’ai plus ce détachement et cette sérénité. Plus on est calme, plus on est paisible à l’intérieur de soi. C’est ce que mes traitements m’ont apporté sur ces deux ans. Cette désinvolture face à la maladie permettait d’entrevoir des solutions, d’aller de l’avant avec confiance. J’en étais presque arrivé à supporter cette promiscuité avec le cancer. La familiarité s’est brutalement permutée en haine. Je suis de nouveau face à mon ennemi et ça, c’est très inconfortable.

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