14 juin 2016
Après trois semaines de sevrage, mon état suite à la dernière cure de chimio sous Taxotère avait incité le toubib à repousser d’une semaine la quatrième cure. C’est donc hier que j’étais censé arrivé frais comme un gardon pour cette nouvelle injection.
La semaine de désintoxication n’avait pas porté ses fruits et je me suis présenté au médecin complètement défoncé par les antidouleurs. Quand j’écris défoncé, je pèse mes mots. Depuis quatre ans dès que la douleur et trop présente, je prends du Tramadol sans constater de problèmes particuliers. Hier, j’avais pris 100mg la nuit et de même au petit dèj. Deux heures après, j’étais dans la salle d’attente le cul sur mon nuage, les yeux écarquillés au bord du délire.
La chimio avait fait son lot d’effets secondaires et le corps ne supporte plus l’import de substances trop agressives. Pour résumé, ces nouvelles cures de chimio ne m’ont donné aucun bénéfice pour lutter contre la tumeur au détriment d’un wagon de toxicité qui me pourrit le ventre.
Nous arrêtons net la tentative de maintien avec la chimio. Bilan d’imageries médicales et consultation chez l’oncologue programmée la semaine prochaine pour trouver une suite à cette lutte.
Pour le moment j’ai un PSA qui se promène aux alentours de 300, des douleurs partout que je vais surement juguler avec de la morphine, puisque le reste ne passe plus.
Le moral reste dans le vert, même s’il est difficile de trouver des occupations sans trop bouger.
Carnet de bord d'un voyage que je n'ai pas choisi avec un cancer de la prostate. J’ai 53 ans, pas de gènes urinaires, pas de douleurs, pas d’antécédents familiaux, pas de symptômes de fatigue, pas de perte de poids. Sur les conseils de mon médecin traitant je fais un examen sanguin. Résultat, cancer de la prostate métastasé... Début du voyage avec mon cancer le 25 janvier 2012.
Assurances, banques et cancer.
06 juin 2016
Les assurances et les banques, c’est bien connu, sont nos meilleurs partenaires et au-delà de ce concept, elles s’engagent très souvent sur de l’humanitaire et du social. La BNP, ma banque, est d’ailleurs partenaire de la ligue contre le cancer.
Comment cela se concrétise avec ses clients malades ?
Mon expérience me permet de vous exposer comment cette banque joue entre le mépris, les mensonges pour finalement arriver aux menaces et tout étouffer le jour où le client a suffisamment de preuves de leur incompétence. Bien évidemment, ça ne les empêchera pas de recommencer le même manège quelques mois plus tard, parce qu’en plus ils sont amnésiques.
Comme tous, j’ai eu un ou plusieurs prêts pour investir dans mon domicile ou mes véhicules, et comme tous j’ai souscrits une assurance pour chaque prêt sur les risques d’arrêts de travail, d’invalidité et de décès. J’ai signé la proposition d’assurance de groupe que ma banque me proposait. Donc l’assurance et la banque sont la même entreprise avec le même logo.
Et c’est là que l’aventure commence.
Je ne rentrerai pas dans les détails fastidieux de prise en charge des prêts par l’assurance qui grâce à l’incompétence de mon chargé de clientèle de la BNP a mis environ 9 mois avant de voir le premier remboursement.
Je suis en ALD comme beaucoup de mes compagnons d’infortune. Les Affections Longue Durée, ont ceci de particulier que dans la majeure partie des cas elles débouchent sur une fin de vie. Dans ce cas de figure, on peut penser que l’assurance va simplement respecter cette période de soins palliatifs et de respect du client qui traverse une période où chaque minute est un besoin tranquillité. Il faut noter que le dossier médical à fournir pour lancer les indemnisations est très complet et précis. En terme clair ils connaissent très bien les détails de ma pathologie.
Cette collaboration en tant que mécène avec la ligue anti cancer doit leur donner l’idée que leur don va créer des miracles et il y a peu, j’ai été convoqué chez un médecin expert auprès des tribunaux pour vérifier mon état de santé, des fois que mon cancer ce soit transformé en mauvaise grippe ou que je sois passé par Lourdes, puisque c’est le seul endroit pour les adeptes qui y croient où le miracle de la guérison peut se faire.
Bien entendu, ce médecin, à la consultation de mon dossier a été atterré et je crois qu’il ne pourra pas se prononcer sur un espoir de guérison dans l’état actuel des connaissances de la médecine.
Mais le parcours administratif est bien long et pendant ce temps l’assurance CARDIF du Groupe BNP a suspendu la prise en charge des prêts et la banque y va joyeusement de ses menaces de signalement à la Banque de France et j’en passe.
Vous pouvez facilement imaginer que ces petits tracas m’occasionnent quelques difficultés quant à ma capacité à rester calme.
Si vous êtes malade et que vous avez un compte à la BNP, n’oubliez pas de les remercier pour leur don à la ligue contre le cancer. C’est tellement rare d’avoir une banque qui a un vrai sens de la solidarité et du social.
Les assurances et les banques, c’est bien connu, sont nos meilleurs partenaires et au-delà de ce concept, elles s’engagent très souvent sur de l’humanitaire et du social. La BNP, ma banque, est d’ailleurs partenaire de la ligue contre le cancer.
Comment cela se concrétise avec ses clients malades ?
Mon expérience me permet de vous exposer comment cette banque joue entre le mépris, les mensonges pour finalement arriver aux menaces et tout étouffer le jour où le client a suffisamment de preuves de leur incompétence. Bien évidemment, ça ne les empêchera pas de recommencer le même manège quelques mois plus tard, parce qu’en plus ils sont amnésiques.
Comme tous, j’ai eu un ou plusieurs prêts pour investir dans mon domicile ou mes véhicules, et comme tous j’ai souscrits une assurance pour chaque prêt sur les risques d’arrêts de travail, d’invalidité et de décès. J’ai signé la proposition d’assurance de groupe que ma banque me proposait. Donc l’assurance et la banque sont la même entreprise avec le même logo.
Et c’est là que l’aventure commence.
Je ne rentrerai pas dans les détails fastidieux de prise en charge des prêts par l’assurance qui grâce à l’incompétence de mon chargé de clientèle de la BNP a mis environ 9 mois avant de voir le premier remboursement.
Je suis en ALD comme beaucoup de mes compagnons d’infortune. Les Affections Longue Durée, ont ceci de particulier que dans la majeure partie des cas elles débouchent sur une fin de vie. Dans ce cas de figure, on peut penser que l’assurance va simplement respecter cette période de soins palliatifs et de respect du client qui traverse une période où chaque minute est un besoin tranquillité. Il faut noter que le dossier médical à fournir pour lancer les indemnisations est très complet et précis. En terme clair ils connaissent très bien les détails de ma pathologie.
Cette collaboration en tant que mécène avec la ligue anti cancer doit leur donner l’idée que leur don va créer des miracles et il y a peu, j’ai été convoqué chez un médecin expert auprès des tribunaux pour vérifier mon état de santé, des fois que mon cancer ce soit transformé en mauvaise grippe ou que je sois passé par Lourdes, puisque c’est le seul endroit pour les adeptes qui y croient où le miracle de la guérison peut se faire.
Bien entendu, ce médecin, à la consultation de mon dossier a été atterré et je crois qu’il ne pourra pas se prononcer sur un espoir de guérison dans l’état actuel des connaissances de la médecine.
Mais le parcours administratif est bien long et pendant ce temps l’assurance CARDIF du Groupe BNP a suspendu la prise en charge des prêts et la banque y va joyeusement de ses menaces de signalement à la Banque de France et j’en passe.
Vous pouvez facilement imaginer que ces petits tracas m’occasionnent quelques difficultés quant à ma capacité à rester calme.
Si vous êtes malade et que vous avez un compte à la BNP, n’oubliez pas de les remercier pour leur don à la ligue contre le cancer. C’est tellement rare d’avoir une banque qui a un vrai sens de la solidarité et du social.
Cure de chimio taxotère repoussée…
06 juin 2016
Les effets recherchés avec une cure de chimio ne sont pas toujours atteints. Le PSA qui est le marqueur de référence en dehors des imageries médicales permet d’avoir un aperçu de l’action de ce poison sur la tumeur et sur ses ramifications. Au bout de la troisième cure ce repère n’a pas bougé. Certains diront que tant que ça n’augmente pas c’est plutôt satisfaisant. Pour moi ça reste le minimum attendu et le minimum ne me convient pas.
Ce qui marche bien par contre sont les effets secondaires et leurs conséquences. Après bilan sanguin, il apparait que le foie et la bile sont plutôt en bon état; c’est tout le reste qui part à volo et particulièrement les problèmes de "ventre".
J’ai une grosse infection de l’intestin accompagnée d’un début d’ulcère. La difficulté à me remettre sur pieds dans les délais vient de s’expliquer. La cure de chimio du jour est repoussée d’une semaine et ce sera vraisemblablement la dernière, du moins de ce poison en particulier. Il y en a bien d’autres qui pourront me maintenir puisque c’est le mieux que je peux espérer à ce stade.
Les effets recherchés avec une cure de chimio ne sont pas toujours atteints. Le PSA qui est le marqueur de référence en dehors des imageries médicales permet d’avoir un aperçu de l’action de ce poison sur la tumeur et sur ses ramifications. Au bout de la troisième cure ce repère n’a pas bougé. Certains diront que tant que ça n’augmente pas c’est plutôt satisfaisant. Pour moi ça reste le minimum attendu et le minimum ne me convient pas.
Ce qui marche bien par contre sont les effets secondaires et leurs conséquences. Après bilan sanguin, il apparait que le foie et la bile sont plutôt en bon état; c’est tout le reste qui part à volo et particulièrement les problèmes de "ventre".
J’ai une grosse infection de l’intestin accompagnée d’un début d’ulcère. La difficulté à me remettre sur pieds dans les délais vient de s’expliquer. La cure de chimio du jour est repoussée d’une semaine et ce sera vraisemblablement la dernière, du moins de ce poison en particulier. Il y en a bien d’autres qui pourront me maintenir puisque c’est le mieux que je peux espérer à ce stade.
Lutter contre le cancer
01 juin 2016
J’ai souvent comparé la lutte contre mon cancer à un match de boxe. C’est exactement ça, si ce n’est que le combat est long et le spectacle médiocre.
Depuis la dernière cure de chimio il y a deux semaines, je ne récupère pas des coups portés. Chaque cure est comme un direct du gauche que l’on n’a pas vu venir et qui laisse des traces pendant le début du nouveau round. Le gong va bientôt sonner la fin de ce nouveau round et j’ai un genou à terre.
Le cancer marque des points et gagne du terrain.
J’ai des douleurs partout sur le corps, des problèmes gastriques qui me tenaillent le ventre, des embarras de bile et de foie, des difficultés à me déplacer et une douleur au dos qui part du rein droit et se propage jusque dans la jambe.
Vendredi prochain, bilan sanguin pour évaluer ma capacité à résister à une nouvelle cure, ainsi qu’un test de l’état des reins et du foie. Le corps arrive à saturation de chimio et la résistance s’affaiblit.
Le moral est toujours là mais il fait grise mine et il va falloir trouver rapidement une solution pour limiter ces douleurs qui perturbent le sommeil et accentuent la fatigue.
Cette situation particulièrement handicapante ne me permet plus de bouger librement et de m’occuper de taches d’entretien ou de bricolage. La météo est également aussi triste. Je ne peux rien faire d’autre que me reposer dans un fauteuil avec un bon livre, écouter de la musique et regarder la télé, bref, je m’emmerde.
Je voulais vous rédiger un petit texte sur une expérience récente de visite chez un expert médical devant les tribunaux à laquelle une de mes assurances m’avait convié pour vérifier la véracité de ma pathologie. Ce sera pour plus tard. La période que je traverse ne m’offre pas suffisamment d’inspiration pour respecter le ton d’une narration captivante.
On va essayer d’esquiver les coups pour continuer le combat dans de meilleures conditions.
J’ai souvent comparé la lutte contre mon cancer à un match de boxe. C’est exactement ça, si ce n’est que le combat est long et le spectacle médiocre.
Depuis la dernière cure de chimio il y a deux semaines, je ne récupère pas des coups portés. Chaque cure est comme un direct du gauche que l’on n’a pas vu venir et qui laisse des traces pendant le début du nouveau round. Le gong va bientôt sonner la fin de ce nouveau round et j’ai un genou à terre.
Le cancer marque des points et gagne du terrain.
J’ai des douleurs partout sur le corps, des problèmes gastriques qui me tenaillent le ventre, des embarras de bile et de foie, des difficultés à me déplacer et une douleur au dos qui part du rein droit et se propage jusque dans la jambe.
Vendredi prochain, bilan sanguin pour évaluer ma capacité à résister à une nouvelle cure, ainsi qu’un test de l’état des reins et du foie. Le corps arrive à saturation de chimio et la résistance s’affaiblit.
Le moral est toujours là mais il fait grise mine et il va falloir trouver rapidement une solution pour limiter ces douleurs qui perturbent le sommeil et accentuent la fatigue.
Cette situation particulièrement handicapante ne me permet plus de bouger librement et de m’occuper de taches d’entretien ou de bricolage. La météo est également aussi triste. Je ne peux rien faire d’autre que me reposer dans un fauteuil avec un bon livre, écouter de la musique et regarder la télé, bref, je m’emmerde.
Je voulais vous rédiger un petit texte sur une expérience récente de visite chez un expert médical devant les tribunaux à laquelle une de mes assurances m’avait convié pour vérifier la véracité de ma pathologie. Ce sera pour plus tard. La période que je traverse ne m’offre pas suffisamment d’inspiration pour respecter le ton d’une narration captivante.
On va essayer d’esquiver les coups pour continuer le combat dans de meilleures conditions.
Impact des pesticides sur les cancers et sur la santé de la planète.
22 mai 2016
Hier c’était la journée de la marche mondiale contre Monsanto et plus globalement contre les pourvoyeurs de pesticides et d’OGM.
J’ai bien évidement participé à cette marche sur Montpellier et j’en reviens bouleversé par rapport à une mobilisation et une organisation minable.
J’ai depuis toujours milité dans des domaines où l’on pouvait me considéré comme un utopiste illuminé, à la marge de l’intérêt que chacun porte sur son voisin dans cette société égoïste et insouciante. J’ai une grande expérience de ces échecs de revendications que nous avons porté avec un petit groupe de Don Quichotte, mais une participation d’à peine une poignée de manifestants pour un sujet qui concerne la santé de tous est très choquante.
Vous ne pourrez pas prétexter que vous ne saviez pas, que l’information n’était pas passée. Depuis quelques années et de façon encore plus intensive sur ces 6 derniers mois, l’actualité sur ce danger est quotidienne.
Des publications de recherches de l’INSERM, «il semble exister une association positive entre exposition professionnelle à des pesticides et certaines pathologies chez l’adulte: la maladie de Parkinson, le cancer de la prostate et certains cancers hématopoïétiques (lymphome non hodgkinien, myélomes multiples).» Expertise Inserm publiée en juin 2013, une pétition de médecins alerte également sur ce sujet (Lien vers le site), les informations des médias sur les tergiversations de la commission européenne autour d’une interdiction probable de mise sur le marché de ces poisons.
Mi-mars 2015, Monsanto apprenait une bien « triste » nouvelle pour ses affaires. Son glyphosate (ainsi que quatre autres pesticides), présent dans le RoundUp, a été classé « probablement cancérogène » par les spécialistes de l’OMS (Lien vers le site).
Le travail des lobbyistes a porté ces fruits et fait son chemin, le 12 mai 2016, une majorité de sénateurs s'est prononcée pour continuer d'utiliser les insecticides néonicotinoïdes, dits « tueurs d’abeilles » (Lien vers le site).
Interpellez vos élus sur ces sujets, ne les laissez pas utiliser votre vote uniquement pour leur confort.
Il faut être sourd pour dire aujourd’hui que vous n’êtes pas informé et directement concerné.
Le nombre de cancer est en constante progression et les malades de plus en plus jeunes. En 2015, le nombre de nouveaux cas de cancer en France métropolitaine est estimé à 385 000 (211 000 hommes et 174 000 femmes) et le nombre de décès par cancer, à 149 500 (84 100 hommes et 65 400 femmes).
Le cancer du poumon reste de loin le cancer le plus meurtrier chez l'homme, devant le cancer colorectal et le cancer de la prostate. Chez la femme, le cancer du sein se situe en tête de la mortalité ; le cancer du poumon arrive juste après et le cancer colorectal se situe toujours en troisième position.
Comment expliquez-vous l’apparition de cancer de la prostate chez des personnes de moins de 50 ans n’ayant aucun antécédent héréditaire. Comment expliquez-vous cette augmentation des cancers du sein, du colon, des testicules, les lymphomes, la maladie de Parkinson…
Du latin, Pestis (fléau), les pesticides sont présents partout dans l’environnement. On peut les trouver dans l’air (air extérieur et intérieur, poussières), l’eau (souterraines, de surface, littoral, …), le sol, et les denrées alimentaires (y compris certaines eaux de consommation), et dans votre assiette.
Depuis plus de trente ans je vis au bord des vignobles qui sont copieusement pulvérisés chaque semaine d’avril à août. J’ai travaillé en période de chômage dans des cultures intensives de fraisiers où j’ai rapidement contracté une allergie transformant l’aspect de mes mains en éléphant man.
Aujourd’hui je vis au rythme de mes effets secondaires en enchaînant des cures de chimio.
Ça peut durer longtemps, ma vie n’est peut-être pas menacée à court terme, mais elle est pourrie à jamais.
C’est de la responsabilité de chacun d’enrayer ce processus. Nous ne sommes pas des moutons, du moins je l’espère.
Hier c’était la journée de la marche mondiale contre Monsanto et plus globalement contre les pourvoyeurs de pesticides et d’OGM.
J’ai bien évidement participé à cette marche sur Montpellier et j’en reviens bouleversé par rapport à une mobilisation et une organisation minable.
J’ai depuis toujours milité dans des domaines où l’on pouvait me considéré comme un utopiste illuminé, à la marge de l’intérêt que chacun porte sur son voisin dans cette société égoïste et insouciante. J’ai une grande expérience de ces échecs de revendications que nous avons porté avec un petit groupe de Don Quichotte, mais une participation d’à peine une poignée de manifestants pour un sujet qui concerne la santé de tous est très choquante.
Vous ne pourrez pas prétexter que vous ne saviez pas, que l’information n’était pas passée. Depuis quelques années et de façon encore plus intensive sur ces 6 derniers mois, l’actualité sur ce danger est quotidienne.
Des publications de recherches de l’INSERM, «il semble exister une association positive entre exposition professionnelle à des pesticides et certaines pathologies chez l’adulte: la maladie de Parkinson, le cancer de la prostate et certains cancers hématopoïétiques (lymphome non hodgkinien, myélomes multiples).» Expertise Inserm publiée en juin 2013, une pétition de médecins alerte également sur ce sujet (Lien vers le site), les informations des médias sur les tergiversations de la commission européenne autour d’une interdiction probable de mise sur le marché de ces poisons.
Mi-mars 2015, Monsanto apprenait une bien « triste » nouvelle pour ses affaires. Son glyphosate (ainsi que quatre autres pesticides), présent dans le RoundUp, a été classé « probablement cancérogène » par les spécialistes de l’OMS (Lien vers le site).
Le travail des lobbyistes a porté ces fruits et fait son chemin, le 12 mai 2016, une majorité de sénateurs s'est prononcée pour continuer d'utiliser les insecticides néonicotinoïdes, dits « tueurs d’abeilles » (Lien vers le site).
Interpellez vos élus sur ces sujets, ne les laissez pas utiliser votre vote uniquement pour leur confort.
Il faut être sourd pour dire aujourd’hui que vous n’êtes pas informé et directement concerné.
Le nombre de cancer est en constante progression et les malades de plus en plus jeunes. En 2015, le nombre de nouveaux cas de cancer en France métropolitaine est estimé à 385 000 (211 000 hommes et 174 000 femmes) et le nombre de décès par cancer, à 149 500 (84 100 hommes et 65 400 femmes).
Le cancer du poumon reste de loin le cancer le plus meurtrier chez l'homme, devant le cancer colorectal et le cancer de la prostate. Chez la femme, le cancer du sein se situe en tête de la mortalité ; le cancer du poumon arrive juste après et le cancer colorectal se situe toujours en troisième position.
Comment expliquez-vous l’apparition de cancer de la prostate chez des personnes de moins de 50 ans n’ayant aucun antécédent héréditaire. Comment expliquez-vous cette augmentation des cancers du sein, du colon, des testicules, les lymphomes, la maladie de Parkinson…
Du latin, Pestis (fléau), les pesticides sont présents partout dans l’environnement. On peut les trouver dans l’air (air extérieur et intérieur, poussières), l’eau (souterraines, de surface, littoral, …), le sol, et les denrées alimentaires (y compris certaines eaux de consommation), et dans votre assiette.
Depuis plus de trente ans je vis au bord des vignobles qui sont copieusement pulvérisés chaque semaine d’avril à août. J’ai travaillé en période de chômage dans des cultures intensives de fraisiers où j’ai rapidement contracté une allergie transformant l’aspect de mes mains en éléphant man.
Aujourd’hui je vis au rythme de mes effets secondaires en enchaînant des cures de chimio.
Ça peut durer longtemps, ma vie n’est peut-être pas menacée à court terme, mais elle est pourrie à jamais.
C’est de la responsabilité de chacun d’enrayer ce processus. Nous ne sommes pas des moutons, du moins je l’espère.
Le Cancer a changé ma vie
20 mai 2016
Tous les malades ou anciens malades vous le diront, la vie avec ou après un cancer est très différente de ce que vous avez vécu précédemment et en particulier tout ce qui touche à la notion du temps et à la façon de le gérer. Même si cette mutation vous parait évidente, cela ne se résume pas à une simple façon de percevoir la vie ou la mort.
Les priorités changent, l’essentiel n’est plus le même, les points de vue et idées sont remis en questions. La personne dans son entier subit une mutation psychique et physique. Avec une violence sans nom, on se retrouve dans le réel, et il n’est plus question de composer son personnage, il faut reprogrammer les notions fondamentales et sa place dans l’univers.
Toute ma vie a été centrée sur le travail et les résultats. Le fait d’avoir développé ma propre entreprise ne m’a donné qu’une illusion de liberté, c’est quand j’ai été obligé de m’en séparer que j’en ai pris conscience. J’ai subi comme une crise de manque. Une peur de la précarité s’est installée et progressivement les différents soutiens m’ont permis de reprendre confiance en moi. Je n’ai plus le temps et l’énergie nécessaire pour endosser les tracasseries quotidiennes et du coup je suis plus ouvert à mon entourage même si de vieilles séquelles de caractère fort pointent quelques fois. Je pense être moins indifférent et plus à l’écoute.
J’ai la chance d’être bien entouré et ce soutien permet également de relativiser sur mon propre ego. Mes souffrances sont très largement partagées. Les peurs et les angoisses sont bien plus présentes dans mon entourage que sur ma propre personne; ça mérite le respect et m’oblige à minimiser sur mon compte.
Le cancer a changé ma façon de vivre, je suis beaucoup plus dans le présent que je ne l’étais avant la maladie, je déguste chaque instant, fais abstraction du passé, n’appréhende pas l’avenir avec angoisse. C’est très paradoxal, je sais qu’aujourd’hui mon cancer aura une issue fatale mais je n’ai pas de stress particulier quant à cette fin. Mon état d’esprit est définitivement installé dans une forme de résistance.
Depuis quatre ans et trois séries de cures de chimio, j’ai appris à gérer ma fatigue et mes douleurs. Je sais m’évader plus facilement avec un bon livre, je passe toujours autant de temps en cuisine avec grand plaisir et mon contact avec la nature est devenu beaucoup plus intense. Les premiers voyages se partagent entre le rêve des plus grands et la réalité et me font rentrer dans des cartes postales que je regardai auparavant dans des catalogues. Mes rêves sont loin d’être assouvis et j’entretiens ces désirs avec enthousiasme afin d’en profiter pleinement le moment venu.
Jean-Jacques Rousseau a écrit : « La jeunesse est le temps d’étudier la sagesse, la vieillesse est le temps de la pratiquer ». Je ne suis plus très jeune et la maladie peut me classer rapidement dans une certaine forme de vieillesse. Je ne me prends pas pour autant pour un sage et cette forme de réflexion sur le temps et la vie n’est qu’un écho de ce que ressentent une grande partie des personnes concernées par un cancer.
Malgré toutes ces bonnes paroles, nous ne sommes pas tous égaux devant le doute et la souffrance, pour certains, il subsiste une part d’angoisse et de stress. Ce blog contribue à minimaliser ce côté négatif par le partage et la communication avec un grand nombre de lecteurs. J’espère que vous pouvez y trouver autant de soutien que j’en ai dans vos messages et vos commentaires.
Tous les malades ou anciens malades vous le diront, la vie avec ou après un cancer est très différente de ce que vous avez vécu précédemment et en particulier tout ce qui touche à la notion du temps et à la façon de le gérer. Même si cette mutation vous parait évidente, cela ne se résume pas à une simple façon de percevoir la vie ou la mort.
Les priorités changent, l’essentiel n’est plus le même, les points de vue et idées sont remis en questions. La personne dans son entier subit une mutation psychique et physique. Avec une violence sans nom, on se retrouve dans le réel, et il n’est plus question de composer son personnage, il faut reprogrammer les notions fondamentales et sa place dans l’univers.
Toute ma vie a été centrée sur le travail et les résultats. Le fait d’avoir développé ma propre entreprise ne m’a donné qu’une illusion de liberté, c’est quand j’ai été obligé de m’en séparer que j’en ai pris conscience. J’ai subi comme une crise de manque. Une peur de la précarité s’est installée et progressivement les différents soutiens m’ont permis de reprendre confiance en moi. Je n’ai plus le temps et l’énergie nécessaire pour endosser les tracasseries quotidiennes et du coup je suis plus ouvert à mon entourage même si de vieilles séquelles de caractère fort pointent quelques fois. Je pense être moins indifférent et plus à l’écoute.
J’ai la chance d’être bien entouré et ce soutien permet également de relativiser sur mon propre ego. Mes souffrances sont très largement partagées. Les peurs et les angoisses sont bien plus présentes dans mon entourage que sur ma propre personne; ça mérite le respect et m’oblige à minimiser sur mon compte.
Le cancer a changé ma façon de vivre, je suis beaucoup plus dans le présent que je ne l’étais avant la maladie, je déguste chaque instant, fais abstraction du passé, n’appréhende pas l’avenir avec angoisse. C’est très paradoxal, je sais qu’aujourd’hui mon cancer aura une issue fatale mais je n’ai pas de stress particulier quant à cette fin. Mon état d’esprit est définitivement installé dans une forme de résistance.
Depuis quatre ans et trois séries de cures de chimio, j’ai appris à gérer ma fatigue et mes douleurs. Je sais m’évader plus facilement avec un bon livre, je passe toujours autant de temps en cuisine avec grand plaisir et mon contact avec la nature est devenu beaucoup plus intense. Les premiers voyages se partagent entre le rêve des plus grands et la réalité et me font rentrer dans des cartes postales que je regardai auparavant dans des catalogues. Mes rêves sont loin d’être assouvis et j’entretiens ces désirs avec enthousiasme afin d’en profiter pleinement le moment venu.
Jean-Jacques Rousseau a écrit : « La jeunesse est le temps d’étudier la sagesse, la vieillesse est le temps de la pratiquer ». Je ne suis plus très jeune et la maladie peut me classer rapidement dans une certaine forme de vieillesse. Je ne me prends pas pour autant pour un sage et cette forme de réflexion sur le temps et la vie n’est qu’un écho de ce que ressentent une grande partie des personnes concernées par un cancer.
Malgré toutes ces bonnes paroles, nous ne sommes pas tous égaux devant le doute et la souffrance, pour certains, il subsiste une part d’angoisse et de stress. Ce blog contribue à minimaliser ce côté négatif par le partage et la communication avec un grand nombre de lecteurs. J’espère que vous pouvez y trouver autant de soutien que j’en ai dans vos messages et vos commentaires.
Effets secondaires, lendemain de chimio
19 mai 2016
Mardi dernier après ma période de congé j'ai eu ma troisième injection de chimio sur cette nouvelle cure de Taxoter.
J'avais déjà eu ce type de chimio il y a 4 ans au début de mon parcours et les effets secondaires avaient été particulièrement pénibles et marquants. Quatre années plus tard avec entre temps une autre série de chimio sous Jevtana qui n'avait pas été plus paisible, je retrouve ces lendemains de chimio avec son lot de douleurs.
Je ne sais pas trop comment vous décrire ces effets qui sont pour le moins perturbants. L'impression d'être un champ de bataille d'une guerre sans merci où toutes les armes sont expérimentés. Comme vous pouvez le constater, ça n'a presque pas d'effet sur le mental et d'ici quelques jours nous devrions aller beaucoup mieux.
Mardi dernier après ma période de congé j'ai eu ma troisième injection de chimio sur cette nouvelle cure de Taxoter.
J'avais déjà eu ce type de chimio il y a 4 ans au début de mon parcours et les effets secondaires avaient été particulièrement pénibles et marquants. Quatre années plus tard avec entre temps une autre série de chimio sous Jevtana qui n'avait pas été plus paisible, je retrouve ces lendemains de chimio avec son lot de douleurs.
Je ne sais pas trop comment vous décrire ces effets qui sont pour le moins perturbants. L'impression d'être un champ de bataille d'une guerre sans merci où toutes les armes sont expérimentés. Comme vous pouvez le constater, ça n'a presque pas d'effet sur le mental et d'ici quelques jours nous devrions aller beaucoup mieux.
Vendredi 13 avec mes états d’âme
13 mai 2016
Le dépaysement et l’exotisme ne sont pas aussi éloignés que l’on croit. De retour de ma cure de voyage entre deux cures de chimio, ma perception des regards d’un côté et de l’autre de la frontière pour deux pays voisins, n’est pas des plus complaisante pour mes concitoyens.
Comme tous les malades du cancer je porte des stigmates bien visibles des conséquences de mes traitements. Comme tous les malades du cancer je passe une partie de mon temps dans les salles d’attente et retire une certaine expérience de ces longs moments de silence où seuls les regards permettent de percevoir l’angoisse et la détresse. Comme tous les malades du cancer je suis sensible au regard des autres et plus particulièrement à ces vis-à-vis emplis de peur et de rejet.
Les Français n’ont pas une culture très développé sur la maladie et encore moins sur la mort. Le premier reflex totalement incontrôlé est souvent négatif, et cette dénégation de celui qui affiche sa maladie par ses blessures physiques est très violente pour le malade. Les cancéreux ne sont pas contagieux, et une bonne fois pour toute, il ne faut pas associer le cancer à la mort certaine, même si la menace est là.
Toutes considérations religieuses misent à part, la réaction des autres peuples est souvent moins négative sans sombrer non plus dans la compassion. Sur l’ensemble de mon séjour en Sicile, je n’ai jamais rencontré un regard équivalant à cette retenue que je côtoie quotidiennement sur mon territoire. Au-delà de la maladie, le Sicilien et les Italiens plus globalement ont un profond respect de la mort et de fait ne vont pas toiser la personne qui subit la maladie. Lors du décès d’une personne, des affiches avec sa photo sont plaquées sur le mur de son domicile et sur des panneaux d’affichage en ville. Les portes et fenêtres du domicile restent ouvertes pour faciliter le voyage de l’âme et aucun voleur n’oserait profiter de cette situation.
Des pratiques semblables sont courantes dans bien des pays à travers notre planète et cette culture de la mort, ce respect de la personne entraine une plus grande ouverture d’esprit vis-à-vis des malades et particulièrement des regards portés sur ces personnes devenues plus fragiles et plus sensibles que le commun des mortels.
Intégrer la maladie et la mort dans son analyse sociologique donne une plus grande ouverture d’esprit sur la vie et le respect de l’être humain. Avoir conscience de l’horizon nécessaire de sa mort est ce qui distingue l’homme de l’animal. Edgar Morin cite dans l’avant-propos de “l’Homme et la mort” : le mystère premier n’est pas la mort, mais l’attitude de l’homme devant la mort…
Donnez le même regard aux malades que celui que vous partageriez avec votre entourage pendant des moments de bonheur.
Le dépaysement et l’exotisme ne sont pas aussi éloignés que l’on croit. De retour de ma cure de voyage entre deux cures de chimio, ma perception des regards d’un côté et de l’autre de la frontière pour deux pays voisins, n’est pas des plus complaisante pour mes concitoyens.
Comme tous les malades du cancer je porte des stigmates bien visibles des conséquences de mes traitements. Comme tous les malades du cancer je passe une partie de mon temps dans les salles d’attente et retire une certaine expérience de ces longs moments de silence où seuls les regards permettent de percevoir l’angoisse et la détresse. Comme tous les malades du cancer je suis sensible au regard des autres et plus particulièrement à ces vis-à-vis emplis de peur et de rejet.
Les Français n’ont pas une culture très développé sur la maladie et encore moins sur la mort. Le premier reflex totalement incontrôlé est souvent négatif, et cette dénégation de celui qui affiche sa maladie par ses blessures physiques est très violente pour le malade. Les cancéreux ne sont pas contagieux, et une bonne fois pour toute, il ne faut pas associer le cancer à la mort certaine, même si la menace est là.
Toutes considérations religieuses misent à part, la réaction des autres peuples est souvent moins négative sans sombrer non plus dans la compassion. Sur l’ensemble de mon séjour en Sicile, je n’ai jamais rencontré un regard équivalant à cette retenue que je côtoie quotidiennement sur mon territoire. Au-delà de la maladie, le Sicilien et les Italiens plus globalement ont un profond respect de la mort et de fait ne vont pas toiser la personne qui subit la maladie. Lors du décès d’une personne, des affiches avec sa photo sont plaquées sur le mur de son domicile et sur des panneaux d’affichage en ville. Les portes et fenêtres du domicile restent ouvertes pour faciliter le voyage de l’âme et aucun voleur n’oserait profiter de cette situation.
Des pratiques semblables sont courantes dans bien des pays à travers notre planète et cette culture de la mort, ce respect de la personne entraine une plus grande ouverture d’esprit vis-à-vis des malades et particulièrement des regards portés sur ces personnes devenues plus fragiles et plus sensibles que le commun des mortels.
Intégrer la maladie et la mort dans son analyse sociologique donne une plus grande ouverture d’esprit sur la vie et le respect de l’être humain. Avoir conscience de l’horizon nécessaire de sa mort est ce qui distingue l’homme de l’animal. Edgar Morin cite dans l’avant-propos de “l’Homme et la mort” : le mystère premier n’est pas la mort, mais l’attitude de l’homme devant la mort…
Donnez le même regard aux malades que celui que vous partageriez avec votre entourage pendant des moments de bonheur.
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