Mon cancer et moi…



18 décembre 2012
 
Premier message d’une série de trois qui ont pour but de faire le point sur l’impact du cancer dans la vie privée, la vie de couple, les échanges avec ses enfants.

Dans quelques jours je serai au premier anniversaire de l’annonce de mon cancer, c’est sûrement le premier d’une série, du moins je l’espère, parce que ce poids risque de ne pas me laisser tranquille de suite.
Il est difficile de lui donner un nom ou un adjectif pour le qualifier, le poids reste peut être le plus imagé qui me vient à l’esprit. Depuis un an je suis prisonnier, enchaîné avec ce boulet que je traîne à longueur de journées. Rien n’est plus comme avant et rien ne le redeviendra.


Le traitement hormonal, la chimiothérapie, les longues attentes dans les hôpitaux, l’obligation de se soumettre et d’adapter sa vie de tous les jours aux besoins de ce mal exigeant ont considérablement changé l’être. Il y a sûrement du bon à prendre dans une certaine forme de sagesse qui vous vient presque naturellement du fait de l’incertitude, mais il y a surtout une profonde frustration dans cette constatation d’impuissance.

Ma propension à vouloir tout gérer en a pris un sacré coup. Je suis dépendant de mes médecins et de leurs connaissances qui pour ce problème restent limitées, je suis diminué corporellement au stade de ne pouvoir faire que de la marche à pied en exercice physique, j’ai perdu en acuité intellectuelle au point de mettre en danger mon entreprise, sauvée pour cette année, mais en grand danger pour la suite.


Je viens de passer cette première année à comptabiliser mois après mois les diminutions de cette autonomie qui était mon moteur.


Oui l’être n’est plus le même, il rigole, il déconne, il reste attentif aux autres. Ça c’est un peu la façade avec son jolie crépis; à l’intérieur le confort n’est plus en adéquation avec ce bel étal. L’être est fissuré et fragile. C’est très lourd de porter cette maladie. Bien sûr il y aura des périodes de rémission, mais le long terme reste incertain puisque c’est incurable aujourd’hui.

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