Il y a trois sortes d’hommes



3 mai 2013
 
Platon disait « Il y a trois sortes d'hommes : les Vivants, les Morts, et ceux qui vont sur la Mer. »
Les Vivants, tant que vous verrez de nouveaux posts sur ce blog, c’est que j’en fais encore partie, les Morts, comme toutes personnes atteintes d’un cancer, aussi mineur soit-il, j’en fais également partie ; quand on est pris par cette maladie on ne peut plus traverser la vie sans penser à la mort, et cette démarche intellectuelle vous plonge déjà un peu dans ce néant.

Et ceux qui vont sur la mer, ça c’est ma part de rêve qui me suit depuis tout le temps, j’ai toujours eu une part de mes pensées qui était en mer, d’où surement pas mal d’analogies dans mes textes. Je n’aime pas la mer en été avec les touristes, je n’aime pas me poser le cul sur une plage et attendre que le soleil me brule en entendant les vagues sur les rochers, non, ce n’est pas cette mer qui est toute proche que j’aime.
Celle que j’aime, c’est celle qui frappe l’étrave d’un voilier, c’est celle qui fait tanguer la Platte du pêcheur, c’est l’ambiance si particulière qui règne sur une île, on ne ressent pas le temps de la même façon sur une île…

Je ne vous fais pas une crise de déprime, même si en ce moment tout me porte à le faire, non c’est simplement un partage de réflexion sur un sujet qui dans mon cas revient souvent. J’ai parfois l’impression d’être derrière une vitre ou un miroir, en train de regarder au travers, la vie qui défile sans pouvoir y participer. Je suis vivant, la mort m’accompagne et je continue à rêver, mais je m’emmerde, qu’est ce que je m’emmerde, je ne suis plus aussi actif qu’avant la maladie.

Je ne participe plus, sur le plan physique, l’œdème de la jambe gauche va beaucoup mieux, en aspect il n’y a plus de différence avec la jambe droite, elles sont aussi molles l’une que l’autre. Je ne bouge plus, plus de balades en vélo, plus de baguenaudes à pied avec le chien, plus rien. La jambe droite est aussi molle que la gauche, sauf qu’elle me brule, tous les jours, du moins tous les soirs elle me brule. L’activité la plus intense de la semaine c’est les courses au supermarché du coin.

Sur le plan intellectuel, je fourmille d’idées que j’essaye de traiter au mieux, mais je suis seul dans cette démarche, les autres ont trop de boulot ou trop d’occupation ou ne veulent pas suivre mes projets qui sont surement trop brouillons. Alors, du coup les projets restent des projets.

je m’emmerde…

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