Tout est bon dans le maïs Monsanto



22 octobre 2012
Sources de l’article :
L’auteur : Jean-Yves Nau Journaliste et docteur en médecine, ancien instituteur, Jean-Yves Nau a été en charge de la rubrique médecine du Monde de 1980 à 2009. Il tient le blog Journalisme et santé publique sur le site de l'Ecole des hautes études en santé publique (EHESP).

Maïs OGM Monsanto, l'étrange affolement du gouvernement français

Une expérience contestée sur deux cents rongeurs de laboratoire affole le gouvernement français. Bruxelles dit s’inquiéter. De quoi, au juste, s’agit-il?

Au départ, c’est un article à paraître dans une revue très spécialisée du groupe Elsevier: Food and Chemical Toxicology. Un article de recherche en toxicologie animale comme il s’en publie des centaines chaque semaine. Celui-ci est intitulé «Long term toxicity of a Roundup herbicide and a Roundup-tolerant genetically modified maize». Il est signé d’une équipe dirigée par Gilles-Eric Séralini et Joël Spiroux de Vendômois (Criigen, université de Caen), deux spécialistes connus de longue date pour être opposés aux organismes végétaux génétiquement modifiés.

Les chercheurs y expliquent avoir nourri, durant deux années, deux cents rats (mâles et femelles) soit avec du maïs normal soit avec le maïs génétiquement modifié «R-tolerant NK603» de la multinationale américaine Monsanto; une manipulation destinée à rendre ce végétal résistant à l’herbicide Roundup. Le maïs OGM NK603 est autorisé à l'importation en France et en Europe, où il est notamment utilisé dans l'alimentation du bétail.

L’alimentation de ces rats comportait jusqu’à 11% de ce maïs. Ils ont aussi ajouté dans l’eau de boisson de ces rats le même herbicide à des taux équivalents à ceux qui sont autorisés (aux Etats-Unis notamment) là où il est permis de cultiver ce maïs et de le traiter contre les mauvaises herbes avec du Roundup. Tel qu’il est présenté, le bilan de ce travail est hautement inquiétant. Les rats nourris avec le maïs génétiquement modifié développent entre deux et trois fois plus de tumeurs que ceux qui ne le sont pas. Au 24e mois, entre 50 et 80% des «femelles OGM» sont touchées par des processus tumoraux mammaires contre 30% de leurs congénères non-OGM. Des lésions rénales et hépatiques ont d’autre part été observées lors des autopsies, de même que la biologie a montré l’existence de déséquilibres des hormones sexuelles.

«Après moins d’un an de menus différenciés au maïs OGM, c’était une hécatombe parmi nos rats dont je n’avais pas imaginé l’ampleur». Il tient le blog Journalisme et santé publique sur le site de l'Ecole des hautes études en santé publique (EHESP). Ses articles

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