Le jeûne avant la chimio



5 octobre 2012

Le jeûne est pratiqué depuis longtemps sous couvert de diverses traditions religieuses ou culturelles; il a, récemment, gagné la faveur de la médecine alternative. Pour autant, les chercheurs en sont encore à explorer les pistes de privation de nourriture qui pourraient prévenir ou guérir certaines maladies et en cas de résultats concluants, comment.

Cette nouvelle étude a mis en évidence que chez les souris atteintes d'un cancer, le jeûne avant une chimiothérapie conduit plus sûrement à une réduction de tumeur que la chimio seule. Dans certains cas, la combinaison a même éliminé certains types de cancer. Cette combinaison jeûne-chimio pourrait prolonger la survie des patients atteints de cancer avancé à la fois par la progression tumorale et la réduction des effets secondaires. 

Valter Longo, professeur de biologie à l'Université de Southern California School et co-auteur de la publication, a travaillé avec son équipe durant 5 années sur plusieurs types de cancers (gliome, mélanome, neuroblastome, sein, ovaires) sur la souris. Ils montrent que le cancer a été sensibilisé à la chimio par le jeûne.
Dans ces nouveaux essais, les souris ont été autorisées à boire de l'eau, mais ont été privées de nourriture durant 48 heures avant le traitement chimio.
Chez les souris atteintes d'un cancer du sein, de mélanome ou de gliome, soumises à deux cycles de 48 heures à jeun avant leur chimio, leurs tumeurs ont été réduites bien plus que ceux chez les souris qui n'ont pas jeuné.

Les souris qui avaient un cancer métastasé et qui ont été mises en jeûne avant la chimio, une réduction de 40 % de plus dans leurs métastases a été mesurée, par rapport à celles qui n'avaient pas jeûné.

Plus encore : ces souris vivent plus longtemps après ce traitement. Avec deux cycles de jeûne et une dose élevée de chimiothérapie, 42 % des souris avec l'un des deux types de neuroblastome métastatique (tumeur solide extra-crânienne) ont vécu pendant plus de 180 jours, alors que toutes celles qui n'avaient pas jeûné étaient mortes. Le jeûne et la chimio ont eu un effet encore plus net dans un troisième type de neuroblastome métastatique : environ un quart des souris a vécu pendant plus de 300 jours, à tel point qu'elles semblaient ne plus avoir de cancer.

Le jeûne semble protéger les cellules normales des effets toxiques de chimiothérapie par le reroutage d'énergie nécessaire à la croissance vers la maintenance et les besoins vitaux. Mais les cellules cancéreuses ne subissent pas cette permutation et continuent d'être sensibles à la drogue qui induit leur destruction.

Le jeûne devrait renforcer le pouvoir des chimiothérapies sans avoir à recourir au besoin de médicaments de plus en plus toxiques. 
Bien entendu, le jeûne comme toute privation n’est pas simple à aborder. Rien que d’y penser, alors que je suis plutôt bon vivant, me donne des frissons. Il faut passer par des étapes de détoxication qui permettent au corps de s’habituer. Une période de détoxication peut par exemple être une ou deux journées à ne consommer que des légumes, des tisanes et surtout boire beaucoup.

Je ne prends pas l’engagement de le faire à court terme, mais en concertation avec mes médecins, c’est une piste qui me parait intéressante.

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